Éclairage sur : l'interopérabilité

À travers la série « Éclairage sur », le PEReN propose des éléments d’analyse techniques sur des sujets ou des notions en lien avec la régulation des plateformes numériques. Dans ce premier cahier, le PEReN détaille la question des formes (modèles et degrés) que peut prendre l’interopérabilité.

Éclairage sur : l'interopérabilité

À travers la série « Éclairage sur », le PEReN entend proposer des éléments d’analyse techniques sur des sujets ou des notions en lien avec la régulation des plateformes numériques (audit des algorithmes, interopérabilité, etc.). Tout au long de cette série d’articles, nous chercherons à vulgariser les différentes solutions ou arguments techniques intervenant dans leur mise en œuvre. Cette série doit aussi être un espace de partage d’idées ou d’éléments d’analyses entre les différents acteurs concernés par ces questions – entreprises, institutions, associations et membres de la société civile. Vous pouvez nous faire part de vos contributions et réactions sur ces articles à travers notre page de contact.

Dans ce premier cahier, le PEReN aborde la question de l’interopérabilité, ou des interopérabilités tant ce même terme peut recouvrir des réalités différentes. Nous nous attachons à définir la notion d’interopérabilité, en la distinguant des notions voisines de portabilité et de compatibilité. Nous distinguons également les modèles d’interopérabilité entre services de plateformes numériques selon leurs finalités, interconnexion de services concurrents (qualifiée d’« interopérabilité horizontale ») ou au contraire interconnexion de services complémentaires (qualifiée d’« interopérabilité verticale »), mais également selon le degré d’interopérabilité souhaitée (d’une simple ouverture d’interfaces de programmation (API) permettant une interconnexion à la mise en place d’un protocole ou d’un standard commun).

Les solutions techniques à disposition et leurs atouts sont analysées selon une grille de finalités envisageables : faciliter la migration des données entre services concurrents, faciliter la présence simultanée des utilisateurs sur plusieurs plateformes (multi-homing) ou encore permettre l’interconnexion de services complémentaires. Les limites et les risques identifiés pour chacune des solutions techniques à disposition sont également décrits.

Une annexe détaille spécifiquement comment ces idées et concepts se déclinent entre des médias sociaux, secteur dans lequel l’interopérabilité est souvent présentée comme faisant particulièrement défaut. Le PEReN souligne que les très grandes différences entre les plateformes du secteur (centrées sur les contenus textuels ou au contraire centrées sur les images, permettant de publier du contenu pérenne ou construites autour de messages éphémères, etc.) ainsi que la quantité de données personnelles en jeu compliquent considérablement les possibilités de mise en place d’une interopérabilité large et complète. Le fort potentiel de différenciation et d’innovation dans ce secteur est également à prendre en compte afin de ne pas imposer de contraintes trop rigides à de futurs acteurs émergents.

Ces éléments de réflexion ont été contribués par le PEReN et Inria dans le cadre de la Taskforce inter-administrations sur les projets de règlements européens Digital Markets Act (DMA) et Digital Services Act (DSA). Le cahier complet et ses annexes sont téléchargeables en version française .